mercredi 11 mars 2009

Sculpture, installations et vidéo à artparis09, du 19 au 23 mars au Grand Palais

Quand le spectateur participe…

Sculpture et installations ont le vent en poupe cette année à artparis. Pour commencer, on pourra compter sur les maîtres du genre. À l'exemple de Carl André, l'un des papes de l'art minimal, qui est exposé par la galerie André Simoens, avec une pièce de 1977.

La galerie Repetto fait pour sa part un focus sur l'œuvre de l'italien Gilberto Zorio, qui fit partie de l'Arte Povera. C'est en 1987 qu'il réalise « Stella », une sculpture mêlant du sable, du plastique et de l'adhésif.

L'art cinétique a aussi les faveurs des galeristes. L'Espace Meyer Zafra propose une exposition collective autour de deux « douches chromosaturation » du vénézuelien Carlos Cruz Diez. Des lamelles transparentes de plastique coloré sont suspendues au plafond et forment un cercle, créant un petit espace dans lequel le spectateur doit se glisser. On oscille entre sculpture et performance collective. D'autres artistes cinétiques reconnus comme Yaacov Agam, Antonio Asis, Ludwig Wilding et Luis Tomasello complètent le propos, qui s'articule autour de la couleur, du mouvement et des jeux de l'optique.

Jesús-Rafael Soto, mis en lumière par la galerie Berthet-Aittouarès, est aussi l'un des artistes emblématiques de ce mouvement. Tout comme Diez, il explora la question de l'implication du spectateur dans l'œuvre avec ses Pénétrables. Dès les années 1950, il voulut réagir contre une peinture qu'il trouvait trop statique. Ses premières constructions all over, au sein desquelles il répétait le même mouvement uniformément, le conduisirent à étudier les vibrations optiques. Les premiers pas vers le Cinétisme étaient amorcés… Il n'a cessé alors de vouloir introduire le mouvement dans l'art et de créer des truchements visuels qui entraînaient une dématérialisation des formes.

Lelia Mordoch consacre pour sa part un one man show à Julio Le Parc. Le stand, à dominante noir et blanc, est constitué de pièces historiques non lumineuses : les mobiles, les reliefs et les machines interactives jouent de la distorsion et du mouvement. Julio Le Parc fonda en 1960 le Groupe de Recherche d'Art Visuel (le GRAV), notamment en compagnie de Garcia-Rossi et de François Morellet, dont on retrouve les œuvres sur le stand de la galerie Oniris. L'objet de recherche de Julio Le Parc se centrait autour des formes géométriques et rigoureuses, du mouvement et de la lumière. À partir de 1965, il va concevoir des œuvres cinétiques. Le public était invité à participer aux œuvres, comme l'a montré Une journée dans la rue, datant de 1966, durant laquelle une fourgonnette remplie d'objets hétéroclites était destinée à être expérimentée par les passants.

Pendant les années soixante, Keith Sonnier, proposé par la galerie JGM, s'est inspiré du minimalisme mais en utilisant différents matériaux comme le tissu, le métal, le verre, le néon et des objets trouvés, pour réaliser ce qu'il nommait des « abstractions excentriques ». Il réussit le pari d'érotiser ses sculptures à partir de matériaux au départ peu glamour… Par la suite, il composa des « œuvres interactives » avec des satellites, des vidéos et des télévisions et continue encore aujourd'hui d'inventer des nouvelles formes avec des néons.

Tout comme le fait Regine Schumann, née en 1961, dont le travail aux néons se rapproche des oeuvres de James Turrell ou de Francois Morellet, tout en montrant que ce matériau peut se tordre en un nombre de formes incalculables. Elle fait partie de l'écurie d'artistes allemands défendus par la galerie Albert Baumgarten.

La sculpture, tout sauf old fashion

Les artistes contemporains s'attellent à la sculpture avec vigueur et dans des formats imposants. La palme de la taille reviendra cette année à la sculpture de Jaume Plensa, haute de 5 mètres, installée par la galerie Lelong à l'entrée du Grand Palais.

A l'intérieur du lieu, Philippe Perrin pose ses marques avec un gigantesque revolver et une couronne d'épines qui rassemblent une esthétique à la Jean Genet entre prison et martyr. L'utilisation en taille géante de ces deux objets à la connotation fortement fétichiste accentue la portée violente de ces symboles qui réunissent la permanence de la barbarie du monde et un état de rébellion de l'artiste qui agit comme rappeur prophète de la rue.
Ces œuvres sont présentées à artparis par la galerie Albert Benamou.

L'américain Michael deLucia fait passer ses idées avec une dérision que la galeriste Nathalie Obadia permet de découvrir. Son travail est centré sur l'objet de production de masse employé dans le quotidien du quidam, qui se transforme sous les mains de l'artiste en une sculpture abstraite. Presque kitch, très colorées et mettant volontairement en avant une absence de définition trop stricte, ces structures font aussi glousser le spectateur… Car comment réagir autrement devant tel bouquet de roses artificielles dont les tiges sont formées par des tuyaux d'arrosage ou ce bouquet final de balais serpillière… Michael deLucia fut peut-être à bonne école en tant qu'ancien assistant de Jeff Koons.

Mélodie Mousset, qui vient de rejoindre l'écurie d'artistes de Marion Meyer, prend pour matrice de ses sculptures les cotillons et confettis afin de bien mettre en avant la partie festive de son travail. Mais l'humour permet de rentrer dans le cœur de sujets plus enfouis et c'est à ce moment-là que cette jeune femme, à peine sortie des beaux-arts, parle de la crudité du corps. Les appendices deviennent démesurés et la sexualité se fait inconvenante, preuve aussi que le carnaval demeure le lieu où les convenances sociales abdiquent au final.

L'arrivée comme nouvel exposant du Suisse Guy Bärtschi permet d'admirer le travail de Fabrice Gygi. Cet artiste, dont l'attention est très centrée sur le matériau, nous ramène sans cesse au monde industriel et aux questions politiques. Il disait récemment dans un entretien « Je questionne l'autorité et l'ordre auxquels nous sommes soumis et qui menacent la liberté. Mais il n'y a aucune révolte dans mon travail, c'est un simple constat : dès qu'une communauté de personne se rassemble, des systèmes d'oppression se mettent en place, même dans les sociétés les plus utopique. »…

Quant aux mystérieuses figures cachées de l'artiste flamand Jan Van Oost, elles sont à voir chez Toxic. Cette œuvre est loin de bouder un certain classicisme dans ses compositions et son hommage aux artistes symbolistes belges comme Rops, Spilliaert ou encore James Ensor. On y décèle un certain sens du grotesque qui sert pour Jan van Oost de constat et de prise de conscience. « L'ironie est la finesse stratégique inhérente à mon œuvre, l'ambiguïté complexe entre horreur et séduction, entre les faits et la fiction, entre réalité et fantaisie. L'art rend visible, et révèle, des choses qui ne sont pas habituellement à la portée de la conscience », dévoile-t-il

La céramique à l'heure contemporaine

Là encore depuis quelques années, ce médium, qui avait pu pâtir d'une association aux objets de décoration du buffet de grand-mère, démontre qu'il regagne la faveur des plasticiens les plus branchés.

Chez Laurent Godin, Corinne Marchetti, qui s'était auparavant exprimée par la broderie, décrit par ses truculentes figures le monde qui l'entoure ou celui dont elle rêve… Si elle se voyait auparavant entourée de stars comme Woody Allen, Courtney Love ou Matthew Barney, elle s'interroge aujourd'hui sur les relations qu'elle nourrit avec le milieu de l'art contemporain. Passant d'un médium à un autre sans complexe, elle pratique aussi le dessin et la peinture et en abolit toute hiérarchie.

Pour Elsa Sahal, conviée par la galeriste Claudine Papillon, la céramique est affaire de sensualité et d'érotisme. Ces formes oblongues phalliques et oniriques se développent dans une matière dense et puissante. Ces œuvres donnent envie d'être touchées et caressées.

Celles de Clémence van Lunen, proposées par Olivier Robert, étonnent au premier abord par leur référence à une esthétique de « mutante ». Par la terre, le grès et la porcelaine, cette artiste, d'origine belge, parle des forces vitales. Elle cherche à fixer les formes en mouvement et veut faire danser le matériau.

Quelques vidéos installations…

A la galerie Vieille du Temple, Jean-Claude Rousseau découvre le cinéma d'avant-garde dans les années 1970 à New York. Il réalise ses premiers films une décennie plus tard, en utilisant la caméra super 8 de façon inhabituelle. Là où l'on privilégie les plans courts et le mouvement, le cinéaste introduit la durée et la fixité. L'extrême cohérence des films de Jean-Claude Rousseau frappe par des sujets récurrents, comme une fenêtre, un paysage, le cinéaste dans sa chambre d'hôtel, l'autoportrait au miroir, la fuite en perspective d'une rue ou les intermittences de la lumière… C'est par l'élection de ces contraintes formelles et de ce répertoire fixe de motifs, que le cinéaste institue le lieu d'un événement possible, quoique secret, tenu en lisière, retenu, au seuil du visible.

Mary Sue, sur le stand de la galerie Rabouan-Moussion, continue d'être ludique et taquine dans ses vidéos. Elle joue encore et toujours, simule encore et toujours... Son monde à elle devient un décor. L'échelle et la temporalité sont factices. On ne sait plus si cette femme joue à la petite fille ou si l'ancienne petite fille apprend à devenir une femme. Et ces jeux sont-ils si anodins, si enfantins ? La confusion s'instaure. Les éléments se contredisent pour le plus grand plaisir de Mary Sue. D'ailleurs ce patronyme est-il son vrai nom ? Quel âge a-t-elle réellement ? Ou vit-elle ? Personne ne le sait…

Ce parcours est complété par quelques pépites disséminées le long de la promenade au sein du Grand Palais : Erik Dietman chez Catherine Issert, Tony Oursler chez Forsblom, Nicky de Saint Phalle et le couple Lalanne chez JGM, Benoit Lemercier à la School Gallery, Peter Waiber chez Frank Pages et Julien Marinetti à la Galerie LC.

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Communiqué envoyé le 03/11/2009 10:52:49 AM via le site Categorynet.com dans la rubrique Art / Culture

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